écrivain, scénariste, ancien résistant, ancien déporté du camp de concentration de Buchenwald, ancien dirigeant du Parti Communiste espagnol, ancien ministre espagnol de la Culture
Né en 1923. Pendant la guerre civile, sa famille s'exile en France. A Paris, il suit sa scolarité puis étudie la philosophie à la Sorbonne. En 1941, il adhère à des mouvements résistants français. En 1943, il est arrêté par la Gestapo et envoyé au camp de concentration de Buchenwald. Il rentre à Paris en 1945. Dans les années 50, il est responsable des activités clandestines de résistance communiste au régime de Franco sous différents pseudonymes, notamment celui aujourd’hui mythique de Federico Sánchez. En 1963, il reçoit le Prix Formentor pour son premier roman, autobiographique, Le grand voyage, qui retrace sa propre expérience de la déportation. En 1964, il est exclu du parti communiste en raison de divergences sur la ligne du parti. Il se consacre alors principalement à son travail d'écrivain, de penseur, et de scénariste. Son intérêt pour les bouleversements politiques et sociaux lui inspire des scénarios politiques (pour Alain Resnais, Costa-Gavras,…), qui dans le contexte de l’après-Mai 68 trouvent plus facilement la voie des producteurs et du public. En 1969, il reçoit le Prix Fémina pour son roman La deuxième mort de Ramón Mercader. De 1988 à 1991, il est Ministre de la Culture du Gouvernement espagnol de Felipe Gonzalez. Semprun reçoit le Prix de la Paix des Editeurs et Libraires allemands, le Prix Fémina Vacaresco et le Prix Littéraire des Droits de l'Homme pour L'écriture ou la vie (1994). Il a également reçu le Prix de la ville de Weimar en 1995 (Weimar, haut lieu de culture, ville de Goethe, était aussi toute proche de Buchenwald…). Il est ensuite élu membre de l'Académie Goncourt. Ce n’est qu’en 2003, après 25 ans, qu’il revient à sa langue maternelle, l’Espagnol, pour écrire Vingt ans et un jour. Jorge Semprun est une de ces précieuses figures européennes porteuses de la mémoire du siècle, qui a traversé l’Histoire autant qu’il a été traversé par elle.